Une lettre ouverte · 2026

Ce qui se joue
dans la classe

N'importe quel enseignant d'informatique des Baléares pourrait raconter cela. Chacun avec son propre parcours, ses propres expériences, son propre degré d'implication. Mais ce qui se passe aujourd'hui dans nos classes nous concerne tous de la même manière.

René Mérou · Enseignant d'informatique · Membre de l'association Bulma depuis plus de deux décennies
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Si vous ne devez lire que ceci

Ce qui se passe : deux changements majeurs se produisent en même temps. La gestion des données des élèves — notes, absences, orientation — passe de GestIB, le système propre aux Baléares, à Llull, une copie du système andalou Séneca mise en place par l'entreprise Ayesa pour 5,4 millions d'euros. Et les outils éducatifs de Google sont remplacés par Microsoft 365. Ce n'est pas un cas isolé : c'est un schéma qui se répète dans l'ensemble du système éducatif.

Pourquoi c'est important : ce sont deux problèmes différents qu'il convient de ne pas confondre. Avec Llull, même si les données restent hébergées ici, les Baléares renoncent à leur propre système et se lient à un fournisseur unique et à un modèle décidé par une autre administration ; ce même système est d'ailleurs déjà utilisé en Andalousie pour alimenter une intelligence artificielle — développée par cette même société Ayesa — qui profile les élèves. Avec Microsoft 365, les données sont transférées à une entreprise américaine, contrainte par sa propre législation de les transmettre sans que les familles n'en soient jamais informées. Dans aucun des deux cas il ne s'agit d'une décision technique : c'est choisir qui contrôle les informations de nos enfants, et pour combien de temps.

Ce que vous pouvez faire : un enseignant seul ne peut pas grand-chose ; mais les enseignants unis, avec les familles et les organisations engagées depuis des années, peuvent beaucoup. À la fin de cette lettre, vous trouverez des actions concrètes et gratuites pour commencer.

Les trois premières sections racontent mon parcours personnel. Si vous êtes pressé, passez directement à ce qui se passe actuellement.

I · Le congrès

Je suis allé à Mar del Plata pour apprendre. C'était un congrès international Debian, et j'étais un apprenti parmi des vétérans. L'un de ces vétérans avait besoin d'être traduit du français vers l'espagnol pour son entretien ; j'ai été ravi de l'aider. C'était tout ce que j'avais à faire. Ce que je n'attendais pas, c'est que quelqu'un vienne me voir ensuite pour m'interviewer.

On m'a posé des questions sur Bulma, l'association des Baléares dédiée aux logiciels libres. Ses membres étaient un groupe de passionnés des îles méditerranéennes qui publiaient en espagnol et en catalan tout ce qu'ils savaient, chacun dans la langue de son choix : ce que signifiait un logiciel libre, comment compiler le noyau, comment résoudre les problèmes techniques du quotidien sous GNU/Linux, etc. Tout était publié sur notre blog et notre liste de diffusion, sans budget, sans structure d'entreprise et sans plan particulier. Nous étions des personnes partageant des valeurs communes et désireuses de transmettre leur savoir. Et il s'est avéré que Bulma était devenue la référence mondiale en espagnol sur le logiciel libre. Ce qui signifiait que, partout dans le monde, quiconque cherchait des informations en espagnol sur ce sujet se tournait vers nous.

Nous ne l'avions pas planifié. Nous n'avions pas de stratégie. Nous avions simplement quelque chose à partager et l'envie de le faire.

Je raconte cela sans nostalgie ni orgueil. Je le raconte car cela enseigne une chose importante : l'impact de ce que nous faisons est rarement proportionnel aux ressources engagées, à notre éclat individuel ou aux plans établis. Il tient davantage à la persistance, aux valeurs et à la volonté de créer quelque chose de réellement utile pour les autres.

Je n'étais pas l'un des meilleurs rédacteurs de Bulma, mais j'étais parmi les plus persistants. Et cela a suffi, avec le temps, pour accomplir quelque chose de significatif.

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II · Ce que l'on apprend au loin

Durant ces années, j'ai assisté à de nombreux congrès : Debian, KDE, des rencontres du logiciel libre en Amérique du Sud, en Europe et en Asie. Je n'y suis pas allé en tant que star ou expert reconnu, mais en tant que curieux ayant la chance de pouvoir être là.

Ce qui m'a le plus marqué, ce n'est pas la technologie. C'est l'humain. Il y a un type de personnes que l'on croise dans ces rassemblements et que l'on ne trouve pas facilement ailleurs. Ce sont des personnes qui travaillent bénévolement sur un projet pendant des années, sans récompense financière significative et sans garantie de réussite. Elles sont guidées principalement par la conviction que certaines choses comptent, que la connaissance doit être libre, et que la technologie doit servir l'humain et non l'inverse. Toutes partagent l'idée que l'infrastructure numérique d'une société démocratique ne peut pas être laissée aux mains d'acteurs qui n'ont pas de comptes à lui rendre.

Je suis revenu de ces voyages la tête pleine d'idées, mais avec une difficulté que je n'ai pas su résoudre pendant des années : comment transmettre, au quotidien, dans la salle des profs ou dans les couloirs du lycée, cette urgence et cette clarté que j'avais ressenties là-bas. Ce n'était pas facile, et ce n'était la faute de personne. Mes collègues sont de bons enseignants. Ce sont des personnes dévouées à leurs élèves, qui font face à une charge de travail énorme, subissent des réformes éducatives constantes, ont des familles et des vies à mener. Le fait qu'ils ne pensent pas aux architectures logicielles ou à la souveraineté numérique n'était pas un manque de leur part. C'était simplement que personne ne leur avait donné la formation nécessaire pour analyser de manière critique les infrastructures numériques qu'ils utilisaient chaque jour. Il est paradoxal que, tandis que les programmes scolaires parlent de former des citoyens critiques, les choix technologiques soient présentés comme inévitables ou purement techniques. Ils ne le sont pas, ils sont aussi profondément pédagogiques. Savoir décider et garder un esprit critique face aux décisions imposées d'en haut fait partie des meilleures compétences que nous puissions enseigner.

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III · Ce que nous avons gagné et ce que nous avons perdu

Pendant des années, nous nous sommes battus contre les brevets logiciels en Europe. C'était une bataille à la fois technique et politique, car si les brevets logiciels avaient été autorisés comme aux États-Unis, n'importe quelle entreprise aurait pu breveter des idées abstraites implémentées en code et bloquer légalement tout concurrent, y compris les projets de logiciels libres.

Le Parlement européen a rejeté la directive. Ce fut une véritable victoire collective, construite par des milliers d'Européens qui ont écrit à leurs députés pour leur expliquer le problème et qui n'ont pas abandonné la bataille alors qu'elle semblait impossible à gagner.

Le cycle qui se répète

Nous avons gagné cette bataille par 648 voix contre 14. Et des années plus tard, la Commission européenne a créé une nouvelle entité pour réimposer, par voie administrative et sans débat parlementaire, ce que le Parlement avait rejeté de manière si écrasante.

Je ne raconte pas cela pour décourager quiconque. Je le raconte parce que c'est la réalité du terrain sur lequel nous évoluons. Les progrès ne sont jamais définitifs, car il faut défendre chaque victoire obtenue, mais les reculs ne sont pas non plus irréversibles s'il reste des personnes prêtes à ne pas tout abandonner.

L'Espagne a été pionnière pendant des années. Par exemple, l'Estrémadure a déployé LinEx, sa propre distribution GNU/Linux, dans toutes ses écoles et administrations, ce qui représentait un progrès technologique, social et économique majeur, synonyme de liberté. De leur côté, l'Andalousie, la Communauté valencienne et d'autres régions ont massivement misé sur le logiciel libre dans l'éducation publique. Tout cela a fait de nous une référence européenne, mais nous reculons depuis un certain temps. Et nous le faisons si lentement, enveloppés dans un jargon si technique et bureaucratique, qu'il est difficile de s'en rendre compte si l'on ne sait pas où regarder.

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IV · Ce qui se passe actuellement

Cette année scolaire, on nous a annoncé que GestIB, le système de gestion scolaire que nous utilisions jusqu'alors, serait remplacé par un nouvel outil obligatoire : Llull, une réplique du système Séneca de la région d'Andalousie, attribuée par marché public à l'entreprise privée Ayesa pour 5,4 millions d'euros. De plus, les outils Google Workspace déployés pendant la pandémie allaient être remplacés par Microsoft 365.

Ce n'est pas une décision technique. C'est une décision sur qui contrôle les informations de nos élèves.

Il convient de revenir sur la pandémie, car beaucoup d'entre nous l'ont vécue sans nommer précisément ce qui s'y jouait. Avec les écoles fermées et les élèves chez eux, des décisions ont dû être prises à la hâte. Des alternatives libres existaient : Jitsi pour les visioconférences et Moodle pour la gestion des cours, mais des personnes influentes poussaient activement les outils de Google, et l'urgence a servi de prétexte pour éviter tout débat. Ceux d'entre nous qui ont tenté de proposer d'autres options n'ont trouvé ni le temps ni l'espace pour être entendus. En quelques semaines, l'ensemble des activités pédagogiques, des conversations, des documents et des évaluations s'est retrouvé sur les serveurs d'une multinationale américaine. L'urgence est passée, mais cette anomalie s'est normalisée.

Aujourd'hui, ce processus va encore plus loin, et cette fois-ci, aucune crise ne peut servir d'excuse. La justification officielle pour quitter Google est la confidentialité des données : on nous dit que Google ne peut garantir que les données des élèves restent en Europe. Mais cet argument ne tient pas la route, car dans sa version payante pour les établissements scolaires, Google permet de choisir un stockage européen, tout comme on le paie pour Microsoft. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, cela ne changerait rien au fond du problème. Google et Microsoft sont des entreprises américaines, soumises à des lois extraterritoriales qui les obligent à transmettre des données au gouvernement américain sans que les familles en soient jamais informées. Le 10 juin 2025, devant la commission d'enquête du Sénat français sur la commande publique, Anton Carniaux, directeur des affaires publiques et juridiques de Microsoft France, a été interrogé sous serment. On lui a demandé s'il pouvait garantir que les données des citoyens français ne seraient jamais remises au gouvernement américain sans l'accord explicite des autorités françaises. Il a répondu qu'il ne pouvait pas le garantir, tout en ajoutant que cela ne s'était pas produit jusqu'alors. Sa réponse doit être prise très au sérieux : il s'agit d'une déclaration juridique sous serment devant des parlementaires, pas de l'opinion d'un militant. Et ce qu'il ne pouvait pas garantir est désormais sorti de la théorie : en mai 2026, selon les révélations du magazine néerlandais Vrij Nederland, Microsoft a fourni à une commission de la Chambre des représentants des États-Unis des e-mails, des procès-verbaux et des noms non anonymisés de fonctionnaires néerlandais chargés de faire appliquer la législation numérique européenne. Le gouvernement néerlandais a exigé des explications et enquête actuellement sur l'ampleur exacte de cette fuite.

Ces changements n'apportent aucune solution. On se contente de remplacer un monopole américain par un autre. L'ancien système n'était pas parfait. J'avais moi-même des réserves sur GestIB, car il centralisait des informations privées sur les élèves, et je n'ai pas été surpris lorsqu'il a subi une faille de sécurité en juillet 2024, exposant des données d'élèves et de familles. Mais c'était au moins un logiciel sous contrôle public ; on pouvait, en théorie, savoir ce qui était fait de ces données et exiger des comptes. Je ne suis pas le seul à le penser : le Collège officiel des enseignants des Îles Baléares a formellement demandé de freiner ce processus et de renforcer notre outil public, alertant sur les risques d'une dépendance technologique pour des données scolaires aussi sensibles.

Il faut distinguer deux changements présentés ensemble mais très différents. Llull est déployé par Ayesa, une entreprise espagnole, et tout indique que les données restent là où se trouvaient celles de GestIB. Ici, le problème n'est pas une loi étrangère — contrairement à Microsoft. Le problème est plus immédiat : nous avons abandonné un système propre, que nous maîtrisions, pour une copie du système andalou géré par une entreprise externe. Et nous en subissons les conséquences ces derniers mois : depuis janvier, les établissements signalent que l'outil s'effondre et que la gestion financière est presque paralysée. Quand un problème survient, nous n'avons plus la main pour le résoudre. Nous avons payé 5,4 millions d'euros pour être plus dépendants.

Et ces données méritent que l'on s'y attarde, car il ne s'agit pas seulement de notes ou de retards. Ces plateformes hébergent obligatoirement des comptes rendus d'orientation : des séances pour lesquelles les familles ont signé une autorisation spéciale, avec une attente de confidentialité. On y trouve par exemple des dossiers de harcèlement, avec le nom des victimes et des agresseurs. Ces informations, les familles les partagent non par choix, mais parce qu'elles ont besoin que l'école aide leur enfant. En signant ces autorisations, elles ont placé leur confiance en nous, les enseignants, et non dans le système d'une entreprise privée.

Seriez-vous capable de regarder cette famille dans les yeux et de lui expliquer qui a désormais accès à ce qu'elle vous a confié ? La question que nous ne pouvons pas esquiver

Et il faut regarder en face là où cela nous mène. Ce même système que nous copions aujourd'hui est utilisé en Andalousie pour alimenter une intelligence artificielle — développée par Ayesa — qui croise les données accumulées des élèves pour prédire, entre autres, le décrochage ou l'absentéisme. C'est-à-dire que des données collectées « à des fins de gestion » finissent par servir au profilage. Le profilage n'est pas une formule alarmiste : c'est précisément ce que l'article 4.4 du RGPD définit comme le traitement automatisé de données personnelles pour évaluer ou prédire des aspects de la vie d'une personne. Et si on nous répond que les accords contractuels l'interdisent, la réalité est juste à côté : en Andalousie, avec ce même système, c'est déjà une réalité. C'est là le plus grave : la confidentialité, une fois perdue, ne se récupère pas. On peut résilier un contrat, changer de prestataire ou modifier une loi ; mais on ne peut pas effacer le fait que les données d'un mineur ont été collectées, copiées et accumulées année après année. C'est pourquoi il faut s'en préoccuper avant de les livrer, pas après.

Nul besoin de vouloir le mal pour qu'il se produise. Il suffit de ne pas se demander s'il pourrait arriver (Arendt). Et pendant trop longtemps, dans trop de conseils d'établissement, cette question n'a pas été posée.

Nous devons nous garder d'exécuter sans poser de questions ce que l'autorité décide pour nous. La psychologie sociale montre depuis des décennies que la soumission à l'autorité est un réflexe puissant chez la plupart des individus (Milgram). Comprendre ce mécanisme est notre meilleure défense.

Ce qui est concrètement en jeu

Les données scolaires de nos élèves — y compris les bilans thérapeutiques et d'orientation — vont être transférées vers un système dont le code n'est ni libre ni auditable : personne en dehors de l'administration ne peut vérifier ce qui en est fait. Et ce n'est pas théorique : en Andalousie, le système Séneca alimente déjà une IA, Hipatia — également développée par Ayesa —, qui profile les élèves sur la base de vingt ans de dossiers scolaires. Les données d'un mineur ne périment pas ; elles peuvent être conservées indéfiniment et servir à le profiler des années plus tard. Ce n'est pas une décision technique : c'est décider qui contrôle l'avenir numérique de nos enfants.

Ce schéma n'est pas propre aux Baléares ni au secteur éducatif. Lorsque les administrations confient la gestion des données de leurs citoyens à des plateformes propriétaires, elles abandonnent le contrôle d'infrastructures critiques. Les débats au Royaume-Uni autour de l'utilisation de plateformes d'analyse de données privées par le National Health Service (NHS) montrent à quel point ces choix menacent la transparence et la souveraineté des institutions publiques. Qu'il s'agisse de données scolaires, médicales ou administratives, le contrôle de ces outils ne devrait pas dépendre des intérêts commerciaux de prestataires privés qui ne rendent de comptes à personne.

Ce qui est en jeu porte un nom : la souveraineté technologique. C'est la capacité d'une société à décider des outils et des données dont elle dépend, plutôt que de rester pieds et poings liés à des entreprises étrangères qui peuvent à tout moment modifier leurs conditions, augmenter leurs prix ou couper l'accès.

Et l'existence d'alternatives n'est pas une vue de l'esprit. La Communauté de Madrid gère depuis des années EducaMadrid : la messagerie, le cloud, l'espace numérique de travail et les ressources pédagogiques reposent sur une plateforme propre, basée sur des logiciels libres et contrôlée par l'administration, sans céder la moindre donnée à Google ou Microsoft. Si c'est possible à Madrid, ça l'est ici aussi.

Et en Europe, la tendance est désormais inverse à celle des Baléares. Cette semaine même de juin 2026, le Parlement européen a remplacé Google par un moteur de recherche souverain sur ses postes, la Commission a présenté son paquet législatif sur la souveraineté technologique et une coalition d'entreprises a publié Euro-Office, une suite bureautique libre conçue pour les administrations et les écoles. En France, l'État a ordonné à chaque ministère de planifier la fin de ses dépendances technologiques extra-européennes, et sa plateforme nationale de visioconférence s'appuie sur Jitsi : cet outil libre que nous avons écarté dans l'urgence en 2020 est aujourd'hui l'infrastructure officielle d'un État européen. Pendant que les Baléares y entrent, l'Europe en sort.

Ce qui arrive n'est pas un accident. Ce n'est pas que personne n'a pensé aux conséquences. C'est que certains profitent de la dépendance des administrations envers les logiciels propriétaires et de la perte de contrôle de leurs données. Avec le temps, sortir de cette dépendance sera de plus en plus difficile. Pas besoin de complot : il suffit que les incitations aillent dans la mauvaise direction et que personne ne fasse assez de bruit pour redresser la barre.

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V · La question que nous nous posons

Que peut faire un enseignant d'informatique face au ministère de l'Éducation ?

Honnêtement, s'il est seul, presque rien. J'ai voté contre des choix technologiques dans des conseils d'établissement où ma voix était la seule dissidente ; j'ai dû essuyer des remarques ironiques ; j'ai publié des articles dans des revues d'ingénieurs et d'éducateurs qui ont été lus, mais sans provoquer de changement d'ampleur ; et j'ai vu des décisions qui semblaient immuables suivre leur cours.

Je ne raconte pas cela pour me plaindre. C'est le contexte nécessaire pour comprendre ce qui suit.

Car la conclusion n'est pas que cela ne sert à rien d'essayer. La conclusion est que l'individu n'est pas la bonne échelle d'action.

De la première personne du singulier à la première personne du pluriel

N'importe quel enseignant des Baléares pourrait raconter cela. Chacun a eu ses propres congrès, ses propres batailles gagnées ou perdues, ses moments de solitude à lever la main dans une salle indifférente. Nos parcours diffèrent, mais nous faisons aujourd'hui face à la même situation. Et ce qui semble d'abord être un problème partagé est, en réalité, notre ressource la plus précieuse.

VI · Pourquoi le collectif fonctionne

Ce que j'ai appris de plus important durant ces années n'était pas d'ordre technique.

Ce que j'ai appris en deux décennies

Les mouvements n'ont pas besoin d'être brillants. Ils ont besoin de persévérance et de valeurs partagées. Il n'est pas nécessaire que tout le monde soit un militant actif. Il suffit que celui qui voit le problème le nomme, que celui qui a de l'énergie la mette à profit, et que celui qui a des compétences techniques les partage. Chacun à sa place, sans que personne n'ait à porter le rôle d'un autre.

Un enseignant seul face à l'administration ne peut rien. Mais l'ensemble des enseignants des Baléares, soutenus par les familles qui comprennent l'enjeu, épaulés par des organisations engagées depuis des années et appuyés par la législation européenne qui joue en notre faveur, forme un front commun bien plus difficile à ignorer.

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VII · Ce que je vous demande

Je ne vous demande pas de devenir militant. Je ne vous demande pas de voter seul contre tous dans des assemblées. Je ne vous demande rien qui ne corresponde pas à ce que vous êtes ou à ce que vous pouvez offrir.

Je vous demande seulement de comprendre ce qui se passe, d'écouter ceux qui vous l'expliquent, de joindre votre voix à celle des autres quand l'occasion se présente, et d'encourager ceux qui doutent de l'utilité de s'engager en leur disant que oui, cela en vaut la peine, même si le résultat n'est pas immédiat ni garanti.

Nous avons besoin de tout le monde. Certains ont eu accès à des informations ou à des expériences spécifiques ; d'autres agissent parce qu'ils en ont l'énergie et la disponibilité. Certains apportent des compétences techniques, juridiques ou relationnelles, tandis que d'autres, par leur simple présence, font nombre.

En Argentine, lorsqu'on m'a interrogé sur Bulma, je ne m'attendais pas à ce que nous devenions une référence. J'étais seulement venu pour apprendre et j'ai aidé un collègue à se faire comprendre. Pourtant, ce que nous avions construit aux Baléares est allé bien plus loin que ce que nous imaginions au départ. Nous y sommes parvenus par persévérance, et parce que notre travail était réellement utile.

Je ne sais pas jusqu'où nos actions nous mèneront, mais je sais que si nous ne faisons rien, nous n'obtiendrons aucun résultat.

Mes propres élèves m'ont demandé d'écrire aussi pour eux et pour leurs parents. C'est désormais chose faite : une lettre ouverte aux familles et une lettre ouverte aux élèves sont prêtes à être imprimées et distribuées.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

Si ce texte vous interpelle et que vous souhaitez agir, voici des démarches simples et gratuites :

  • Partagez cette lettre avec vos collègues.
  • Portez le sujet en conseil d'établissement : envoyez-la par e-mail et proposez d'en discuter lors de la prochaine réunion pour voir si l'établissement souhaite prendre position.
  • Prenez position en tant qu'établissement : faites voter une motion ou une clause de souveraineté et de confidentialité numérique au conseil d'école.
  • Exigez des garanties : demandez à l'administration, par écrit, l'engagement formel que les données des élèves n'alimenteront aucun système d'intelligence artificielle (gouvernemental ou privé), ainsi que la publication de l'analyse d'impact requise par l'article 35 du RGPD pour le profilage des mineurs. Un établissement ne peut refuser de transmettre des données requises par la loi, mais il a le droit d'exiger ces garanties et d'en laisser trace.
  • Informez les familles et les élèves : ils sont les premiers concernés et ont le droit de savoir. Des lettres spécifiques sont prêtes pour eux.
  • Protégez dès maintenant les données professionnelles que vous manipulez en n'important sur les plateformes que le strict nécessaire.
  • Rejoignez-nous : écrivez à eldeinformatica@pm.me. Nous utiliserons ces contacts pour créer une liste de coordination, partager les informations et organiser les actions.
Un principe qui vaut la peine d'être défendu

L'argent public doit produire du code public. Ce qui est construit avec les ressources de tous doit appartenir à tous. Et les données de nos élèves ne sont pas un actif commercial : ce sont des informations privées qui nous ont été confiées.

René Mérou
Enseignant d'informatique · Îles Baléares
h @ saberlibre.net ou @ReneMerou
Membre de Bulma (H dans la communauté du logiciel libre)
Publié sous licence Creative Commons CC BY-SA 4.0
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Épilogue

Références et remerciements pour l'aide reçue

Pour aller plus loin ou agir

Passez le curseur sur chaque référence (ou touchez-la une fois sur écran tactile) pour afficher plus d'informations.

Organisations · Espagne et Baléares
Bulma
Associació Bisonys Usuaris de GNU/Linux de Mallorca i Alrededores. Plus de deux décennies d'existence. Hacklab les premier et troisième samedis de chaque mois à l'Ateneu l'Elèctrica, plaza Cuadrado. Ouvert à tous, curieux ou passionnés.
Xnet
Activisme numérique sur base juridique. Ils ont porté des affaires de transparence et de logiciels publics devant la justice espagnole. Un canal permet de signaler des abus pour leur donner une visibilité institutionnelle et médiatique.
Ateneu l'Elèctrica
L'espace qui accueille le hacklab de Bulma les premier et troisième samedis de chaque mois. Un lieu de rencontre, d'apprentissage et d'action collective ouvert à tous.
AEPD
Agence espagnole de protection des données. Compétente pour sanctionner la transmission illégale de données de citoyens, en particulier de mineurs. Les signalements sont gratuits et ses décisions sont contraignantes.
noyb · Microsoft et mineurs
L'organisation autrichienne noyb (None Of Your Business) a démontré que Microsoft 365 Education installait des cookies de suivi à l'insu des élèves pour tracer leur comportement sur les outils scolaires. Fait notable : Microsoft transférait la responsabilité juridique aux établissements, qui n'ont pourtant aucun contrôle sur ces données. L'autorité autrichienne de protection des données a donné raison à noyb en 2025.
DPIA néerlandaise · Microsoft 365
En 2019, le ministère néerlandais de la Justice a commandé à Privacy Company une analyse d'impact (DPIA) de Microsoft Office 365. Le rapport a documenté une « collecte massive et dissimulée de données personnelles », contraignant Microsoft à intégrer de nouveaux contrôles de confidentialité. En 2024, une nouvelle DPIA sur Microsoft 365 Copilot dans l'éducation a conclu qu'il ne devait pas être utilisé pour des données sensibles sans chiffrement géré localement.
EFF · Google dans les classes
En 2015, l'Electronic Frontier Foundation a déposé plainte auprès de la FTC américaine, démontrant que Google activait par défaut la fonction de synchronisation sur les Chromebooks scolaires. Cela permettait à Google de tracer l'historique de navigation, les recherches et les mots de passe de mineurs sans accord parental. L'EFF a également alerté sur le fait que grandir dans ces écosystèmes habituait les enfants à céder leurs données.
Organisations · Europe
FSFE
Free Software Foundation Europe. L'organisation la plus active en Europe pour les logiciels publics. Sa campagne « Public Money, Public Code » a obtenu des victoires législatives en Allemagne, en France et en Suisse. La distinction entre logiciel « propriétaire » et logiciel « libre » suit la terminologie de Stallman : propriétaire car il prive de libertés fondamentales, non parce qu'il est payant.
FFII
Foundation for a Free Information Infrastructure. L'organisation qui a mené la campagne ayant conduit au rejet de la directive européenne sur les brevets logiciels en juillet 2005, l'une des victoires majeures du logiciel libre en Europe. Face à ce rejet, les promoteurs des brevets ont changé de stratégie en créant la Juridiction unifiée du brevet (JUB), un tribunal spécialisé hors du cadre de l'UE qui applique ses propres règles sans contrôle du Parlement ou de la CJUE.
Public Money Public Code
Campagne européenne exigeant que les logiciels financés par l'argent public soient sous licence libre. Signée par plus de 200 organisations. Fournit des outils pour interpeller ses représentants politiques.
La Quadrature du Net
Organisation française de référence pour la défense des droits et libertés sur Internet. Elle a porté plusieurs recours devant la Cour de justice de l'UE sur les transferts de données vers des pays tiers et obtenu des arrêts majeurs. Son travail montre que la souveraineté numérique est un enjeu structurel européen.
Chaos Computer Club
Le plus ancien club de hackers au monde, fondé en Allemagne en 1981. Son éthique se résume à : données publiques accessibles, données privées protégées. Par son programme « Chaos macht Schule », le CCC intervient dans les écoles pour sensibiliser élèves, parents et enseignants à la protection de la vie privée.
Cas documentés · Le miroir
NHS et données de santé
Le National Health Service britannique a signé un contrat de 330 millions de livres avec Palantir Technologies pour gérer ses données de santé. L'Association médicale britannique a adopté une résolution en 2025 demandant son annulation pour préserver la confiance publique. Palantir est par ailleurs liée à des contrats de ciblage et de surveillance avec des agences américaines et des forces de défense.
Commission européenne et Microsoft 365
Le Contrôleur européen de la protection des données a établi en 2024 que la Commission européenne elle-même enfreignait le RGPD en utilisant Microsoft 365, ordonnant la suspension des flux de données. L'institution qui a rédigé le règlement violait ses propres règles, nécessitant trois ans d'enquête et une injonction formelle pour y mettre fin.
Pays-Bas · Microsoft et le Congrès US
En mai 2026, le magazine Vrij Nederland a révélé que Microsoft avait transmis à une commission de la Chambre des représentants des États-Unis des courriels et des données nominatives non anonymisées de fonctionnaires néerlandais chargés de réguler les géants du numérique. Deux secrétaires d'État ont qualifié l'affaire de très préoccupante, et l'ambassadeur américain a été interpellé.
Barcelone · Decidim
Plateforme de démocratie participative développée à Barcelone avec des fonds publics. Utilisée aujourd'hui par plus de 400 institutions à travers le monde, dont le gouvernement finlandais. L'exemple type du fait que l'investissement dans le logiciel public multiplie indéfiniment la valeur collective.
L'Europe quitte Microsoft
Alors que les Baléares adoptent Microsoft, une grande partie de l'Europe fait le chemin inverse pour des raisons de souveraineté et de coûts. Le Danemark, l'État allemand du Schleswig-Holstein, la France ou l'armée italienne migrent massivement leurs postes vers LibreOffice et Linux. En juin 2026, le mouvement s'est accéléré : le Parlement européen a adopté le moteur de recherche français Qwant, la Commission a présenté son cadre sur la souveraineté technologique, et une initiative industrielle a lancé Euro-Office pour les administrations et les écoles.
Projets · Logiciels libres de référence
Decidim
Plateforme de démocratie participative open source, développée avec de l'argent public à Barcelone et utilisée aujourd'hui par plus de 400 institutions à travers le monde.
Debian
L'une des distributions GNU/Linux les plus influentes, gérée par des bénévoles engagés par un contrat social public. Le congrès de Mar del Plata évoqué au début de cette lettre était un congrès Debian.
Moodle
Plateforme d'apprentissage en ligne open source utilisée par des milliers d'établissements dans le monde. Une alternative libre et auditable aux plateformes propriétaires imposées pendant la pandémie.
Cadre légal et repères intellectuels
CE art. 18.4
Constitution espagnole, article 18.4 : la loi limitera l'usage de l'informatique pour garantir l'honneur et l'intimité personnelle et familiale des citoyens. Base constitutionnelle de toute la législation sur la protection des données.
RGPD
Règlement général sur la protection des données. Les données de mineurs sont particulièrement protégées. L'article 4.4 définit le profilage : traitement automatisé pour évaluer ou prédire des comportements — précisément ce que fait Hipatia en Andalousie. L'article 35 impose une analyse d'impact préalable pour les traitements à haut risque.
Loi 40/2015
Loi espagnole sur le régime juridique du secteur public, articles 157 et 158. Elle oblige les administrations à mutualiser et réutiliser les solutions logicielles existantes. Si elle justifie la copie de Séneca, elle n'enlève rien aux obligations de protection des données et aux risques de dépendance.
Arendt · Milgram
Références philosophique et psychologique. Hannah Arendt a pensé la « banalité du mal » : les conséquences graves ne viennent pas de monstres, mais de gens ordinaires qui cessent de penser de manière critique. Stanley Milgram a démontré la force de l'obéissance à l'autorité. Comprendre ces mécanismes est notre meilleure défense.
Mapa conceptual LibreEdu saberlibre.net · LibreEdu
Le serveur hébergeant cette lettre fait partie de saberlibre.net, un projet de ressources éducatives libres. LibreEdu propose un argumentaire et une carte conceptuelle pour aider les enseignants à choisir le logiciel libre et à défendre cette décision en réunion.
Creative Commons CC BY-SA 4.0 - Ce document peut être librement redistribué, adapté et publié à condition d'en citer la source et de conserver la même licence. Il est fait pour circuler. Si vous vous reconnaissez dans cette situation, transmettez-le à ceux qui ont besoin de le lire.

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Cette lettre est un document vivant. Chaque relecture attentive, chaque correction, nuance ou interrogation constructive permet de l'améliorer. Les contributions proviennent également de l'extérieur de nos îles, car les enjeux décrits ici se généralisent à l'échelle globale. Si vous souhaitez apporter votre pierre à l'édifice, écrivez-moi.

Xisca
Orientation scolaire

Pour m'avoir rappelé que les données obligatoirement saisies dans le logiciel de gestion dépassent le cadre académique. Elles incluent des suivis thérapeutiques : des notes de séances pour lesquelles les parents ont signé une autorisation spécifique, dans une attente stricte de confidentialité. Confier ces informations à un système non auditable brise le lien de confiance fondamental que nous tissons avec les familles.

Mes élèves
Lycée des Baléares

Pour m'avoir rappelé que cette lettre ne s'adresse pas qu'aux enseignants d'informatique, pour avoir demandé un plan d'action plus pragmatique, suggéré d'ajouter des références solides et insisté sur la nécessité d'informer les parents et les camarades. Ils ont inspiré la rédaction de la lettre aux familles et de la lettre aux élèves.

Miguel Gea · Xerakko
Enseignant · Formateur CEFIRE Valence - Chef de service pour la promotion linguistique et les programmes européens

Pour son témoignage sur la suppression brutale de LibreOffice dans les administrations de Valence au profit de Microsoft, sans aucun débat démocratique. Il nous rappelle que le problème dépasse nos îles et s'inscrit dans un mouvement global, et souligne que la bataille cruciale des prochaines années se concentrera sur l'IA et le contrôle des données d'apprentissage.

Bibiana Boccolini
Enseignante à l'UNR et à l'UNL

Pour avoir renforcé la dimension pédagogique du texte et rappelé que les choix technologiques de l'école constituent son « curriculum caché ». Bibiana enseigne dans la formation universitaire en logiciels libres de l'Université Nationale du Littoral (UNL) en Argentine, coordonne des projets éducatifs à l'Université de Rosario (UNR) et collabore avec Aulas Libres.

Ana Esteve
Docteure en philosophie et écrivaine

Pour son relecture éditoriale rigoureuse et pour avoir lié de manière cohérente les travaux d'Hannah Arendt, Milgram et Zimbardo : la soumission à l'autorité est un réflexe puissant qui désamorce le questionnement critique, et comprendre ce mécanisme reste notre meilleure défense collective.

Jesús M. González Barahona
Enseignant · Université Rey Juan Carlos, Madrid

Pour avoir insisté sur une évidence trop souvent oubliée : les données d'un mineur ne s'effacent jamais vraiment de ces plateformes ; elles sont conservées indéfiniment et peuvent resurgir pour le profiler des années plus tard. Jesús est un contributeur historique du logiciel libre.

Jordi Bardají
Enseignant de Technologie et d'Informatique

Pour son insistance à nommer clairement les choses : le GestIB, le basculement vers Microsoft, l'incohérence à fuir Google pour un système posant exactement les mêmes limites de souveraineté. Pour avoir déjà saisi le Collège des enseignants des Baléares afin d'amorcer une réponse institutionnelle.

Daniel Ripoll
Vice-président de Bulma

Pour sa clarification conceptuelle sur les infrastructures critiques et la souveraineté technologique, évitant l'écueil du simple rejet émotionnel pour poser le problème sous l'angle de la dépendance structurelle, et pour savoir identifier les points de vigilance.

Omi
Présidente de Bulma

Pour m'avoir rappelé que la lettre doit rester accessible aux enseignants submergés par le quotidien qui n'ont pas encore eu l'occasion de se pencher sur ces enjeux, et pour l'avoir diffusée à son réseau avant même sa finalisation.

Cristina
Enseignante

Pour avoir pointé du doigt la pandémie comme le moment où nous avons accepté sans mot dire des pratiques qui exigeaient pourtant un vrai débat public, et pour s'être engagée à porter la question devant les assemblées syndicales.

Rosa D.J.
Enseignante d'anglais · Hacktiviste

Pour ses interrogations légitimes sur l'opacité des algorithmes d'IA et pour avoir exigé que les demandes formulées au lecteur en fin de document soient réalistes, concrètes et adaptées au terrain.

Miquel Villamon
Hacktiviste

Pour m'avoir rappelé que Bulma défendait la liberté d'expression de chacun dans la langue de son choix, et pour m'avoir aidé à documenter la première grande victoire citoyenne européenne contre les lobbies du brevet logiciel.

Pep Palau
Enseignant

Pour avoir insisté sur l'importance de donner des perspectives d'action positives : l'idée d'une motion portée en conseil d'établissement ou d'une charte numérique locale constitue un outil concret d'autonomie pour les écoles.

Joan Carles
Fonctionnaire

Pour avoir rappelé de l'intérieur de l'administration que l'attrait pour le confort des outils propriétaires est un piège consciencieusement conçu par les éditeurs pour empêcher l'interopérabilité et rendre les coûts de sortie prohibitifs.

Xavier Ramis
Journaliste · Défenseur des droits humains

Pour avoir souligné que la longueur d'un texte peut parfois décourager la lecture et pour avoir insisté sur le besoin de contextualiser la lutte contre les brevets logiciels pour les générations qui ne l'ont pas vécue.

Juan L.
Enseignant

Pour ses corrections détaillées et ses suggestions constructives sur l'angle de la lettre, nous poussant à affiner notre message principal.

Nuria Sara Miras Boronat · [Wikipedia]
Professeure de Philosophie Morale et Politique · Université de Barcelone

Pour m'avoir aidé à rendre accessible la référence à Hannah Arendt et pour sa relecture de la version allemande de ce document.

Myriam Criquet
Juriste · Ancienne enseignante en Droit · API · Montpel'libre · RAFLL

Pour sa relecture attentive de la version française de cette lettre et pour nous rappeler qu'en France également, la dépendance à Microsoft s'impose aux ministères et que l'externalisation des données citoyennes reste un problème structurel par-delà les frontières.

Hacklab de l'Elèctrica
Bulma · Ateneu l'Elèctrica

Plusieurs améliorations de cette lettre, notamment la simplification des notes pour ne pas surcharger le texte, sont nées des discussions du samedi au hacklab. Merci à Ricky et à tous les participants.

Juan Conde
Équipe Guadalinex · Collaborateur GECOS et OSWC

Pour nous avoir rappelé le piège des clauses contractuelles : un contrat privé ne peut légalement pas s'opposer aux lois de sécurité nationale des États-Unis. Peu importe où se situent physiquement les serveurs, la nationalité américaine de l'éditeur suffit à soumettre ses données aux services de renseignement d'outre-Atlantique.

Manuel Vilar
Conseiller d'orientation · IES Josep Sureda i Blanes

Pour nous avoir ramenés au concret du quotidien des élèves et avoir demandé que le titre exprime plus clairement ce qui se joue pour eux, en veillant à ce que les propositions d'action restent simples et réalistes.

Ismael Ali Gago
Initiateur et premier coordinateur de MAX et de eXeLearning · Scientix Ambassador

Pour nous avoir rappelé que l'alternative n'est pas une utopie lointaine : à Madrid, les données des élèves restent protégées dans l'écosystème public d'EducaMadrid et les postes des établissements tournent sous MAX, une distribution libre.

Nicolás Castellano
Spécialiste en sécurité informatique · Organisateur de la NcN

Pour ses critiques directes sur la longueur excessive du premier jet, le manque de lisibilité du plan d'action et le besoin de vulgariser la notion de souveraineté technologique.

Aitzol Lasa Letona
Militant du logiciel libre

Pour avoir proposé d'accompagner ce document d'une infographie synthétique, facilitant l'accès à l'information pour ceux qui ont peu de temps pour lire de longs textes.

Myriam
Enseignante d'Arabe

Pour avoir mis notre texte en perspective avec d'autres luttes sur l'exploitation des données publiques, nous orientant notamment vers le cas des hôpitaux de New York, qui ont renoncé à Palantir en 2026 pour rebâtir un système souverain.

Psy
Hacker (03c8.net)

Pour avoir conseillé de placer la synthèse du problème au tout début du document, afin de toucher immédiatement ceux qui manquent de temps, et pour avoir insisté sur l'ouverture de canaux directs de coordination.

Mercè Molist
Journaliste spécialisée dans l'univers hacker · hackstory.net · hackstory.es

Pour avoir pointé, avec sa rigueur journalistique, des imprécisions historiques sur les décisions réglementaires espagnoles. Mettre au jour l'enchaînement des décisions administratives renforce considérablement la solidité de notre propos.

Dra. Joana
Pédopsychiatre

Pour avoir rappelé que la précipitation dans la numérisation des écoles masque trop souvent la portée des atteintes à la vie privée des jeunes, et pour m'avoir incité à élaguer le superflu pour une efficacité maximale.